Rouler à l’huile pour rouler écolo

Puisqu’il faut commencer quelque part, ceci va être un gros dossier sur les biocarburants (et un en particulier) ainsi que certains détails sur les véhicules et les bonnes adresses à connaitre pour rouler tout en préservant la planète et son porte feuille.

Tout d’abord il faut savoir que les carburants que nous croisons tous les jours sont le Sans Plomb 98, le Sans Plomb 95 et le Diesel ou Gasoil. Dans beaucoup de stations nous trouvons aussi le GPL ou du fioul.
Pour faire simple, une voiture essence est préférable pour un quidam roulant moins de 20000 km par an car même si le carburant est cher, les assurances ainsi que l’entretien du véhicule seront moins cher qu’une voiture diesel. Une voiture roulant au Gasoil sera plus chère à l’achat et plus chère en assurance et en entretien. Elle convient aux gros rouleurs, de préférence sur grandes routes, plutôt qu’en ville où ils s’usent plus rapidement. Je vous passe tout le côté biochimie et chimie organique mais une voiture au gasoil rejette plus de CO2 qu’une voiture à l’essence à consommation équilvalente. Mais si on prend par exemple le biogasoil, la plante utilisée a déjà consommé du CO2 et rejetté de l’O2 avant d’être transformée en carburant donc le bilan final de rejet de CO2 est nul grâce à la photosynthèse.

Et bien je me présente MKTaranis, heureux possesseur d’une Renault 19 de 1992 qui consomme actuellement 5,4L de carburant pour 100km, spacieuse, confortable, on peut faire plein de choses dedans, tout ça. Je roule environ 50 000 km par an. Mon plein me coute au total environ 70 euros. Avec mes moyens d’étudiant j’ai beaucoup de mal à boucler mes fins de mois comme on dit donc je me suis demandé si je ne pouvais pas mettre un autre produit dans mon réservoir pour augmenter mon autonomie. Le choix a été vite fait. L’huile ! En effet, le gasoil après raffinage du pétrole a presque la même viscosité que l’huile et son indice d’inflammabilité est légèrement supérieur à l’huile. Alors pourquoi ne pas les mélanger pour gagner en autonomie ?

Mettre de l’huile dans un moteur nécessite quelques connaissances avant de jouer au doc Brown avec sa vieille tuture. La voiture doit être assez ancienne, in extenso fabriquée avant les années 2000, pour la simple raison qu’à cette époque dans les usines les pompes à injection étaient testées avec de l’huile et non du gasoil, donc aucun risque de faire tourner la pompe avec le mélange. Vu qu’à toute règle il y a des exceptions, on peut prendre comme exemple les TDi à injecteurs pompe du groupe Volkswagen qui peuvent rouler à l’huile jusqu’à une certaine dose.

Le composant indispensable :
La pompe à injection de la voiture. 98% des voitures consommatrices d’huile ont une pompe BOSCH. Une liste de compatibilité des véhicules est disponible sur oliomobile.com

L’huile :
On peut rouler avec plein d’huiles. Huile de tournesol, colza …
Je déconseille fortement l’huile d’olive pour diverses raisons comme la pureté de la matière, des composants inutiles et qui peuvent ne pas favoriser la combustion. En revanche l’huile de colza est ce qu’on peut considérer comme la plus appréciable pour le rendement moteur. L’huile de tournesol arrivant juste derrière.

La dose maintenant :
Je dirais que pour la majorité des voitures, un mélange à 30% d’huile est tout à fait raisonnable. Il est possible de rouler à 100% d’huile, et je vais vous expliquer comment il faut procéder. Le problème de l’huile est la température de gel. N’escomptez pas roulez à l’huile en hiver, en dessous de 10° l’huile sera trop visqueuse pour avoir un bon rendement énergétique moteur. D’ailleurs dans les carburants « conventionnels » il y’a 5% de bio carburant, ce qui signifie que 5% de votre plein de gaz-oil fait chez total&co est du bio-diesel

À 30% : Il suffit de mélanger 30% d’huile pour 70% de gasoil, soit en bidon, en cuve ou autre et de le verser dans le réservoir du véhicule. Sur les vieilles voiture on peut verser l’huile directement dans le réservoir mais avoir déjà du gasoil dans le réservoir ou en rajouter ensuite.

À 100% : Alors ici c’est plus compliqué, il faut 2 réservoirs. C’est un système de bicarburation dans le jargon. Rouler à l’huile pure signifie que votre moteur doit déjà démarrer au gasoil pour le faire chauffer et ensuite qu’une vanne bascule sur le 2ème réservoir pour rouler uniquement à l’huile. Ce système doit posséder des résistances et des réchauffeurs pour les circuits d’huile et ainsi éviter les problèmes de mauvaise visquosité dans les injecteurs.

À 70% : Le maximum du compromis, vous pouvez roulez à l’huile sans système de bicarburation mais avec un bon système de réchauffeurs de circuits.

Bien entendu ce sont des paliers et vous pouvez essayer tout ce que vous voulez en intermédiaire. Personnellement je roule à 50% d’huile sans réchauffeurs. Je fais juste mes mélanges ou des fois quand je ne peux pas je verse l’huile directement. J’ai la chance d’avoir une voiture avec une bonne pompe à injection qui fonctionne bien.

L’huile doit avoir une taille suffisante pour bien être brulée dans le moteur, c’est con à dire mais c’est ça. Les vieux moteurs tolèrent une filtration jusqu’a 10 microns, les moteurs les plus « récents » préfèrent de l’huile filtrée à 2 microns.

Les changements constatés :
Je vais vous donner ma propre expérience objective, il y aura surement des divergences avec d’autres, ceci est spécifique de mon véhicule.

La consommation n’a pas bougée : Toujours entre 5 et 6 L au 100 km
Le moteur est plus linéaire dans la montée en tours de 2000 à 4000 tours/minute.
Au démarrage, si on se colle au pot d’échappements on sent un peu l’huile mais sans plus. Quand le moteur est chaud il n’y a pas d’odeur.
(JE PRÉCISE : Rouler à l’huile propre ne relache pas d’odeur.
Rouler à l’huile qui a déjà servie à faire de la friture sent réellement au pot d’échappement et parfois aussi dans l’habitacle. Ce n’est pas bien dérangeant mais ça se remarque.)

Une autre chose importante à savoir, l’huile est basique, et au fur et à mesure du temps qu’elle passe dans le réservoir ou dans son lieu de stockage elle s’acidifie. L’acide attaque ensuite les circuits et le filtre à gasoil se retrouve vite encombré. Il faut donc changer le filtre à gasoil au bout des premiers 1000 km roulés à l’huile, ainsi que le suivant à 4000 km.

Combien ça coute ?
Et bien, la plupart du temps, un drap, oui un drap … et un bidon ou plusieurs. Le plus simple c’est d’aller chez des agriculteurs qui produisent de l’huile, ou alors dans des restaurants qui seront ravis de se débarrasser de leur huile de friture. Vous les récupérez et vous les filtrez et hop, dans le réservoir. Sur Oliomobile ils y a également une carte des distributeurs.

Les bonnes adresses :
Vous pourrez trouvez beaucoup d’informations sur Oliomobile

Ainsi que la liste des véhicules compatibles : Base_de_donnees_vehicules_a_lhuile

Du point de vue légal :

Tout est ici : http://www.olifere.org/articles/h-hvp-fausses-infos.php

Je fais le copié collé au cas ou :

Comme indiqué dans notre fichier « fiscalité » :

  1. la Directive 2003/30/CE reconnaît l’HVP comme un biocarburant, et cette reconnaissance s’impose à tous les Etats membres de la CE.
  2. l’additivation est « libre de droit » dans la Loi Française (cf. Bulletin Officiel des Douanes cité), donc le mélange Huiles Végétales Pures-Gazole est légal.
  3. Depuis la directive européenne 2003/96/CE, l’HVP utilisée en mélange au gazole est passible d’une partie de la TIPP [techniquement la TIPP n’existe pas on dit TIC taxe intérieur sur les carburants (mêmes ceux qui ne sont pas des « produits pétroliers »)] (pas la taxe au profit de l’Institut Français du Pétrole notamment !) au taux applicable au carburant équivalent. Or, le carburant équivalent de l’HVP est le diester détaxé à 80% de TIC ! Et la TVA applicable à l’HVP doit être de 5,5% en tant que produit agricole n’ayant subi aucune transformation (code général des impôts). Approximativement, la « TIC » que peuvent réclamer les Douanes sur 1 litre d’HVP est de 0,10 euro ! Et il existe une procédure légale de déclaration volontaire et d’acquittement de ces taxes ! (cf. BOD cité).
  4. En résumé, un automobiliste arrêté par un douanier pourrait devoir payer 0,10 euro multiplié par le nombre de litres d’HVP contenu dans son réservoir (10 litres environ pour un mélange à 30% d’HVP dans un réservoir moyen à moitié plein) soit 1 euro ! Et si l’automobiliste déclare avoir prévu de faire la déclaration volontaire prévue dans le BOD (et cette déclaration n’est possible qu’après la consommation effective), aucune amende (1 à 3 fois le montant de la TIC due, soit 1 à 3 euros !) n’est exigible par le douanier ! Vous imaginez tous les douaniers 24h/24 à la chasse des utilisateurs d’HVP pour faire rentrer dans les caisses de l’Etat 1 euro par contrevenant ?
  5. Il est grand temps que les députés français mettent le droit français en conformité avec la Directive européenne 2003/30/CE en autorisant l’Huile Végétale Pure carburant. Pour éviter toute discrimination avec les esters, et pour apporter un ballon d’oxygène au monde rural, nos Députés doivent saisir l’opportunité de la Loi d’Orientation Agricole (qui va être débattue dans la session parlementaire qui s’ouvre le 3 octobre) et voter les 2 amendements que nous leur avons proposé.

Si un quelconque utilisateur d’HVP était malgré tout inquiété, qu’il contacte directement notre Institut qui lui transmettra toute l’information juridique disponible sur la question.

Norbert Castan – vice président
Institut Français des Huiles Végétales Pures
membre de la European Pure Plant Oil Association
Maison Départementale de l’Agriculture
271, rue de Péchabout
47000 AGEN, FRANCE

En conclusion :
Rouler à l’huile ça fait du bien à la planète. Ca coûte rien. Pour les vieilles voiture c’est mieux que de rouler au gasoil et ca donne de l’argent aux petits producteurs de produits agro alimentaires. Et tout ça c’est cool. Et j’aime que tout le monde soit content. Rouler avec ces bio-carburants fait travailler les agriculteurs Français et accroît notre indépendance énergétique et si vous croyez aux lobbys vous disant que les bio-carburants sont une fausse solution et qu’il faut mieux ne rien faire en attendant mieux (ne rien faire = acheter du pétrole et gonfler les profits de total), Je vous invite à lire cet avis de l’ADEME

6 réflexions au sujet de « Rouler à l’huile pour rouler écolo »

    • Il faut vérifier la marque de la pompe à injection mais j’ai peur que vous ne puissiez pas dépasser les 30% d’huile. Il y a la liste de compatibilité des véhicules sur Oliomobile, marqué en bas de l’article.
      Bonne continuation et faites nous savoir ce que cela donne.

      • Salut
        Petite question :
        Je souhaiterais tester sur mon véhicule.
        Sachant que j’habite en Martinique et que la température extérieur annuelle est entre 25 et 32 °.
        Je souhaiterais savoir quelle température il faut pour pouvoir rouler à 100 % d’huile sans mettre de kit de réchauffage ?
        Merci

  1. Bonsoir, j’ai fait l’acquisition d’un fourgon de marque Hyundai, type H1. Année de mise en circulation 2006. Je souhaiterai me lancer dans une circulation plus écologique, et pour la planète et pour mon porte-feuille. Le modèle n’apparaît pas dans la liste des véhicules compatibles avec l’utilisation des huiles végétales, peut-être avez-vous des informations ou des mises à jours sur ce modèle? D’avance merci !!!

    • Salut,
      J’hésite à acheter un hyundai H1 (2,5 TD, TCI ??) également, et je ne trouve pas d’info sur internet pour rouler avec de l’huile de friture. Est-ce que tu as trouvé des infos, ou essayé ?

      Merci,
      Olivier

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